Slimfit

Jared Leto, prince du slim: photo Wickimedia

Jared Leto, prince du slim: photo Wickimedia

Les femmes savent sacrifier le confort sur l’autel de l’élégance. Il n’y a qu’à se souvenir des corsets de nos arrières grand mères ! Les hommes moins. Encore que les fraises dont ils enserraient leurs cous à une certaine époque ne devaient pas être spécialement commodes non plus.La pince de pantalon fait partie de ces astucieuses trouvailles de tailleurs contribuant à la fois au confort et à l’élégance, en faisant qu’un pantalon « tombe » bien et soit agréable à porter. Elle permet, au moment de s’asseoir (ce qui n’est pas une situation rare) de ne pas avoir les cuisses et les fesses désagréablement coincées. On aurait donc pu penser que cet oecuménisme allait lui garantir une place de choix dans les bonnes pratiques de confection de nos vêtements. C’était sans compter sur les dictats de la mode.

Car de double, cette pince est devenue simple pour finir par pratiquement disparaître du prêt à porter masculin. Une disparition qui s’inscrit dans un mouvement général vers le slim, la mode aux vêtements ajustés, coupés près du corps, que nous devons, paraît-il, à Hedi Slimane, le bien nommé, Directeur Artistique de Dior Homme au début des années 2000. L’avènement de l’ « homme tuyau de poêle », dernier stade avant le concept ultime : le costume qui se colle sur la peau. Au fond, le slim est au prêt à porter ce que le lean est aux organisations. Le moins possible de personnes dans les organisations. Le moins possible de tissu dans les vêtements. Designers et analystes de la valeur, même combat ! Et tant pis pour ceux qui vivent inconfortablement dedans. Rares sont les faiseurs qui résistent au mouvement. Même Boss, dont les carrures à l’ampleur germanique me convenaient pourtant bien, a fini par s’y mettre, probablement « encouragé » par d’exigeants actionnaires internationaux. Seule façon de s’en tirer : battre le slim à son propre jeu. Etre plus slim que lui. S’affamer pour non seulement éliminer la graisse, la mauvaise et la bonne, mais aussi réduire les muscles trop développés. Plus de place ici pour les mollets de campeur ! Ou alors, si l’on en a les moyens, revenir vers un artisan tailleur qui sache encore écouter son client sans vouloir à tout prix le faire entrer dans les standards du moment et sans lui asséner le définitif et condescendant : « Mais Monsieur, ça ne se fait plus !… ». Et, en désespoir de cause, se rabattre sur le kilt et aller vivre en Ecosse. En espérant qu’il ne se trouve pas là-bas un designer qui ait l’idée géniale de remplacer celui-ci par une mini jupe. « So nicely slim… »

 

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